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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 00:20

Mare à Boue un nom évocateur qui dès les premiers hectomètres plante le décor, nous pénétrons dans la forêt de Débours ou arbres, fougères, mousses et autres plantes s'enchevêtrent allègrement.

 

DSCN1085

 

Au centre ce sentier complètement  ravagé par le piétinement les raideurs précédents.

Que dire de la perte d'adhérence et de ces glissades récupérées in extrémistes.

C'est les uns derrière les autres que nous avançons lentement s'accrochant aux racines et branches pour descendre les paliers boueux.

 

Un dénivelé négatif de trois cents mètres à pique et nous rejoignons la route goudronnée qui nous mène vers un second secteur appelé le sentier de la rivière, apparemment aucun report

de tracé donc le terrain est praticable.

 

Le chemin commence gentiment avec des rondins  et un sol propre, puis brutalement

Beyrouth sans les bombes l'on s'enfonce dans une boue épaisse jusqu'à mi jambe.

La meilleure solution marcher dans les pas du raideur précédent pour profiter de son empreinte comme appui, sauf que le mien doit chausser du 39 car je ventouse à mort et

crains de perdre à tous moment une chaussure.

Heureux le coureur me suivant car moi mes Tongues sont en 45.

Nous avançons très lentement et souvent cela bouchonne devant des mares qui doivent être contournées en passant sur les cotés en s'accrochant aux troncs souvent pourries.

 

Ce passage est interminable surtout qu'à plusieurs occasions nous entendons des voitures

à proximités et l'espoir s'envole quand l'on s'aperçoit que nous replongeons dans une ravine.

 

Les gars râles sur l'inutilité d'un tel parcours, surtout que nous y laissons des plumes tant en fatigue que sur le temps perdu qui nous rapproche la barrière horaire inévitablement.

 

Jacques a disparu de mon champ de vision, il a certainement réussi à prendre le train d'un groupe plus rapide. Impossible de doubler ou juste prendre la place d'un conccurent qui s'arrête pour souffler.

 

Finalement, je me retrouve sur la route qui accède au poste que je crois être celui de Hell bourg et bien non, Jacques qui le quitte me révèle l'horrible réalité il y a encore 5 km pour y arrivé.

 

 

Je refais mes réserves, mange un peu, décrotte mes guenilles et me lance à la poursuite de Jacques, je me suis lancé le challenge de le rattrapper.

 

 

 

Diagonale des fous 2011 Direction Hell bourg par millepattes77

 

C'est donc en courant que j'attaque dans les descentes et sur certains tronçons de plat.

Ce qui me permet de finir sur ses tâlons  et à sa grande surprise à moins d'une minute.

DIAG-2011-2584.JPG         DSCN1256.JPG

Poste d'Hell bourg (km 71) à la 1656ième place après 18h 35mn de course. 

 

Nous sommes acceuillis par Juliette et Murielle pour un relai rapide car il est 16h15 et la barrière horaire est dans 1h30, connaissant la difficulté suivante l'ascension vers la caverne Dufour et le très redouté Cap Anglais une grimpette de 1420m de D+ sur 9km puis la descente du bloc vers Cilaos un D- de 1200m sur 8km.

  

Je commence à douter de ma capacité de franchir dans les temps ces points de contrôles, c'est à cet instant que je perçois un relachement dans la motivation de Jacques qui est insensible à l'idée d'être aussi hors délai.

Cette attitude à pour effet de me regonfler à bloc je ne sais dires pourquoi.

DIAG-2011 2591 - Copie 

 

Soudain coup de théatre, pendant que nous finissons de nous habiller chaudement et

de faire les derniers réglages une info sur le décalage d'une demi heure des barrières

jusqu'à Cilaos est annoncé.

 

C'est une bonne nouvelle certainement lié aux conccurents retardés par le zone boueuse.

Nous décidons de partir de suite car même avec cela se n'est pas gagné.

 DIAG-2011 2611

 

 

 

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commentaires

Juliette 12/11/2011 14:29


Félicitations pour plusieurs raisons : le texte est vraiment vivant, il nous tient en haleine -
pour ta dextérité lors des séquences de film dans les descentes. Tu as dû souvent frôler la chute. et au final de belles séquences.
Juliette


millepattes77 12/11/2011 18:49



je progresse dans la maitrise du bâton et du cadrage. je revis differemment la course.



marie 30/10/2011 21:54


C'est vraiment un grand plaisir de regarder vos vidéos, et je suis franchement impressionnée de vous voir marcher, imperturbable, dans la bouillasse, les roches et les racines, avec la caméra à la
main, alors qu'une vigilance extrême s'impose encore plus dans ces sentiers de Bébour qui sont des plus "casse-pattes". Ya pas à dire, vaut mieux être un millepattes qu'un bipède pour passer dans
ces lieux par ailleurs enchanteurs, mais si difficiles!! C'est vrai qu'il faut un gros mental ainsi qu'une dose infinie de patience, et puis rester humble aussi. J'ai toujours pensé quê l'homme ne
dompte pas l'île, celle-ci le laisse passer ou pas, en fonction de ses caprices météo qui se révèlent parfois délirants. Cette nature rend fort et fragile en même temps, et les images qu'elle offre
sont, c'est vrai, inoubliables, comme tous les souvenirs accumulés. Ca fait plus de 20 ans que je crapahute à la Réunion, et je ne m'en suis jamais lassée...
Encore merci de nous faire partager tout cela.


millepattes77 31/10/2011 23:27



je m'améliore de sortie en sortie avec ma caméra, je tire des séquences des souvenirs d'une richesse inestimable pour partager avec les autres. 



marie 30/10/2011 07:57


Les sentiers de Belouve, comme ceux qui montent au volcan en partant de la côte, sont magnifiques. On se croirait dans un jardin d'Eden qui vire vite à l'enfer dès que les grosses pluies se mêlent
de la partie. J'ai souvent fait ces sentiers dans des conditions pas possibles avec un gros sac sur le dos en plus, et j'ose à peine imaginer à quoi ils peuvent ressembler après le passage de 1500
raiders... On ne peut alors que prendre son mal en patience car il ne faut pas s'énerver, surtout quand le pied s'enfonce dans la bouillasse, l'horreur ! ;-)
A propos du doute, je l'ai ressenti en 2007, du côté de Aurère, où il a fallu me forcer à trottiner en pleine nuit, pour échapper au hors délai. Heureusement que mon ami était là, car à un moment,
comme votre ami Jacques, j'ai senti que je perdais un peu ma motivation en me demandant ce que je fichais là, à courir en pleine nuit dans Mafate, alors que je suis avant tout une randonneuse
aguerrie, et pas une compétitrice dans l'âme.
Il me tarde de voir la vidéo dans les sentiers de Bebour car ça a du être un peu acrobatique et périlleux, non ?
Bonne journée à vous !


millepattes77 30/10/2011 11:13



Merci pour ces longs commentaires qui montrent que tous participants gardent en tête ces moments  de communion avec un évènement hors normes.


je classe ce passage comme l'un des plus acrobatiques et usant sur le coté mental,il faut avoir un mental de guerrier et souvent un petit détai qui fait toute la différence en termes de
motivation, un ami, une parole réconfortante d'un bénévole, les soins des masseurs podologues, médecins,un coup de fil d'un être chère,ou plus simple une bonne soupe chaude.


Au finale des souvenirs qui restent indélibiles et rendent plus fort.



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